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ECONOMIE
12/12/2006
Eric Vergnaud (BNP Paribas)
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L'Irlande possède un modèle de croissance très spécifique." |
Quant aux pays récemment entrés dans l'Union européenne, ils sont toujours en "phase de rattrapage", ce qui explique leur taux de croissance supérieur à la moyenne. Toutefois, le contexte de ralentissement généralisé va peser sur l'ensemble de la zone, au travers des exportations. La Pologne affichera toutefois une croissance de 4 %, soutenue par la consommation des ménages. La Hongrie perd 1,6 point de croissance du fait de sa demande intérieure, touchée par les restrictions budgétaires menées dans le pays, et du ralentissement des importations de la zone euro.
Un scénario que l'on retrouve en Europe centrale avec une croissance qui reste élevée mais moindre par rapport à 2006. La République Tchèque conserve un fort taux de croissance, stimulée par une politique budgétaire expansionniste qui risque de créer des tensions inflationnistes.
Les prévisions pour l'Irlande dépassent largement celles des autres pays de la zone euro, pourquoi ?
L'Irlande possède un modèle de croissance très spécifique et connaît effectivement une croissance largement supérieure à la moyenne. La consommation des ménages y est très forte et profite de l'arrivée à terme d'un certain nombre de fonds de pension. Une autre raison de ce dynamisme réside dans des taux d'intérêt réels très faibles. L'inflation est à 2,6 % contre 1,8 % en Allemagne, ce qui favorise l'accès au crédit notamment immobilier. Le pays a également su profiter de son intégration dans l'Europe en mettant à profit les fonds structurels et en attirant les investissements étrangers. Il reste toutefois des difficultés structurelles à combler telles que le manque d'infrastructures.
La balance commerciale de la France est déficitaire depuis 2005, est-ce une tendance de long terme ?
C'est difficile à dire mais cela reflète les difficultés de la France sur les marchés extérieurs. Son portefeuille d'exportations est en effet insuffisamment orienté vers les marchés les plus dynamiques et ses activités à l'exportation sont très spécialisées en matière de produits. Par exemple, dans le secteur des hautes technologies, la France est à la pointe en aéronautique mais offre une moindre diversité que l'Allemagne par exemple.
Quels sont les indicateurs qu'il faudra surveiller de près en 2007 ?
Ce qui va être décisif pour l'année à venir, ce sont la confiance des entrepreneurs et le comportement du marché de l'emploi américain et européen. Il faudra bien sûr également surveiller les indices de prix, importants pour les banques centrales.
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